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Conseils d’en haut : Le CUCCIO rencontre le président de l'Université du Manitoba, David Barnard

Chaque jour, au Canada comme ailleurs, les DPI dans l’enseignement supérieur vivent deux vérités :

  • La demande de produits et services de technologies de l'information (TI) est à la hausse, tout comme le sont les aptitudes et les attentes des utilisateurs. Cette montée en puissance ne montre aucun signe de ralentissement.
  • Les DPI ne doivent pas s'attendre à un afflux important de ressources financières pour les aider à gérer les augmentations de demande.

Ces tendances ne sont pas nouvelles, et, au pays, bon nombre de DPI à la tête d’un service de technologies de l’information dans l’enseignement supérieur ne les considèrent pas nécessairement comme décourageantes.

En fait, les grands établissements d'aujourd'hui, reconnaissant et acceptant les nouvelles réalités, s’intéressent particulièrement à la meilleure façon de planifier l'avenir, ce qui ne peut se faire en vase clos.

Justement, pour savoir comment les différents paliers des directions universitaires peuvent planifier les TI à long terme, nous avons parlé au président de l'Université du Manitoba, David Barnard.

« Les attentes en matière de pédagogie et de services aux étudiants sont en train d'augmenter considérablement parce que les étudiants sont très exigeants quant à ce que la technologie peut et devrait faire pour eux », explique M. Barnard, titulaire d’un Ph. D. « Ces attentes élevées se traduisent par une pression continue, la nécessité de choisir avec soin les investissements et une approche disciplinée pour leur mise en œuvre. »

Diplômé en informatique et ancien DPI, M. Barnard aborde son rôle actuel de président avec un point de vue particulier. La conversation que nous avons eue avec lui nous a permis de dégager et de formuler trois conseils pour la gestion des TI dans l’enseignement supérieur au cours des dix prochaines années.

Conseil no 1 : S’assurer que les conseillers experts disposent des meilleurs renseignements possible – sur les TI comme sur d’autres sujets.

« Les établissements comme les universités fonctionnent mieux quand les idées émanent d’experts dans leurs domaines respectifs avant d’être véhiculées vers le centre », constate M. Barnard. « Certes, il faut faire des choix macroscopiques, mais il faut d’abord connaître les possibilités. Or, ces possibilités doivent être inspirées par les idées des experts, puis mises en cohérence avec les stratégies globales centrées sur la recherche, l'enseignement et l'apprentissage et l'administration de l'établissement. »

Les DPI des universités doivent donc jouer un double rôle : moitié experts en TI, moitié stratèges d'entreprise, appuyés par les compétences nécessaires pour recueillir et évaluer des renseignements exacts – qu’il s’agisse de tendances générales de l'industrie ou de données et d'analyses détaillées – sur lesquels fonder leurs recommandations.

« Il est connu que dans les TI – comme dans d'autres secteurs tels que la construction et les transports – les délais et les budgets des projets sont souvent dépassés. Nous devons faire mieux, explique M. Barnard. Non seulement il nous faut de meilleurs renseignements pour que les décideurs puissent prendre des décisions judicieuses, mais nous devons aussi mieux analyser cette information pour faire fonctionner nos établissements plus intelligemment. »

Conseil no 2 : Consulter, mais être conscient des points de vue des parties prenantes.

Nous avons entendu dire par plusieurs DPI membres que le fait de consulter efficacement les parties intéressées peut être déterminant dans la réussite du déploiement d’un nouveau projet de TI. Cependant, si la consultation et la participation des intervenants jouent un rôle essentiel dans la recherche de solutions susceptibles de profiter aussi largement que possible à l'établissement, M. Barnard rappelle qu'il est important de tenir compte des optiques particulières de ces intervenants.

« Il est important de prendre en considération les points de vue des utilisateurs, mais il l’est tout autant que vos experts soient reconnus comme tels, explique M. Barnard. La plupart d'entre nous savent qu'il n'existe pas de solution simple, applicable localement et capable de produire une situation optimale à l'échelle mondiale. Souvent, il faut quelqu’un “au-dessus de la mêlée” pour déterminer la meilleure façon de combiner les besoins locaux et mondiaux ».

M. Barnard reconnaît que ce conseil s'applique aussi à lui-même.

« À certains égards, mon expérience en TI est utile, mais j’aurais tort de croire que mon bagage de connaissances peut prendre le dessus sur les réalités actuelles. Je dois être critique à l’égard de moi-même et attentif à mes réflexions sur ces questions, tout en étant bien à l’écoute de ce qu’on me dit. »

Conseil no 3 : À l’heure d’évaluer les solutions, savoir ce qui distingue les TI des autres aspects de l’établissement.

Enfin, il est important que les dirigeants et administrateurs des universités reconnaissent qu’à bien des égards, la gestion des TI dans l’enseignement supérieur comporte des défis particuliers.

« S’il existe une caractéristique évidente dans notre secteur, c’est le rythme du changement, constate M. Barnard. Vu l’évolution rapide des matériels et des logiciels et l’augmentation de la puissance brute des ordinateurs, de nouveaux produits voient sans cesse le jour. Chaque année apparaissent de nombreuses innovations qui peuvent chacune présenter une valeur considérable pour l'université. Parallèlement, d’autres choses changent très lentement, comme les normes comptables, et les bâtiments que nous construisons durent des années, voire des décennies. » 

Selon M. Barnard, il est essentiel de veiller à ne pas juste se laisser mener par les progrès de la technologie pour elle-même. Il faut plutôt que les promoteurs de projets puissent favoriser un dialogue sur les nouvelles solutions et garantir aux intervenants que leurs préoccupations et points de vue sur l'enseignement, la recherche et l'administration de l'établissement ont bien été pris en compte.

« D’un côté comme de l’autre, on doit s'écouter, pour que ce ne soit pas à des gens comme moi, qui ne connaissent pas nécessairement tous les avantages et difficultés d’un projet, qu’il revienne de trancher. »