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Les 5 domaines prioritaires des DPI pour les 5 prochaines années

La prochaine réunion des membres du CUCCIO, qui aura lieu du 15 au 17 octobre à Winnipeg, sera l’occasion d’explorer l'avenir des TI dans l’enseignement supérieur canadien. Dans cette perspective, nous avons demandé à deux membres, Dwight Fischer, DPI de l'Université Dalhousie et Tariq Al-Idrissi, DPI de l'Université Trent, de nous donner leurs points de vue sur les grands enjeux dont leurs confrères et consœurs devront s’occuper au cours des prochaines années.

En plus de mettre en lumière les choses importantes à faire, MM. Fischer et Al-Idrissi font valoir que la gestion efficace des TI dans l’enseignement supérieur va peut-être devoir d’abord passer par une redéfinition du rôle de DPI.

1. Gestion des centres de données

Comme l'explique Tariq Al-Idrissi, le DPI a toujours été responsable du centre de données, des administrateurs système, de la puissance et du renouvellement du matériel ainsi que de tous les autres aspects entourant la construction et la gestion de l'infrastructure de TI. Cependant, les choses doivent changer, comme le précise Dwight Fischer.

« Toutes les écoles ayant un important centre de données le savent : c’est une question de temps avant que le besoin de le moderniser ne se fasse sentir, explique Dwight. La mise à niveau d’un centre de données peut coûter des centaines de milliers de dollars, voire des millions, mais cette façon de procéder n’est pas durable. Les écoles ne peuvent pas financer leur propre centre de données – et pourquoi le feraient-elles?

Les éditeurs de logiciels se livrent une rude concurrence pour fournir des versions en nuage, et il y a des possibilités de s’associer pour le service avec d’autres écoles ou des fournisseurs d'infrastructure de grande envergure, poursuit Dwight. Tout cela nous force à changer de mentalité et à nous éloigner du modèle de centre de données que nous avons mis en place. Notre rôle devient peu à peu celui d’un fournisseur qui met l’infrastructure à la disposition des utilisateurs et les aide à se connecter et à s’en servir. Fini la création de logiciels ou la maintenance d’infrastructure! Le changement est déjà en route… des organisations font migrer leur courriel, outils de collaboration et systèmes de gestion de l’apprentissage vers des solutions axées sur l'informatique en nuage. »

2. Capacité et sécurité des réseaux

Les établissements d’enseignement supérieur du Canada sont confrontés à d'énormes augmentations de la demande du réseau.

« De plus en plus de gens possèdent de plus en plus d'appareils, consommateurs voraces de bande passante. Pensons aussi aux objets connectés à nos réseaux, en nombre toujours croissant, explique Dwight. La demande augmente sans cesse, comme quelque chose de systémique, mais pas spécifique à l’enseignement supérieur. Les progrès sont si rapides que suivre le rythme de la demande entraîne un dépassement des budgets de mise à niveau des réseaux des campus – si tant est qu’il en existe. En fait, il faut considérer l'infrastructure de TI de la même manière que les bâtiments : quand on finance quelque chose, on pense tout de suite à la façon dont le renouveler dans trois, quatre ou cinq ans. »

En plus de la gestion de la capacité, les universités doivent veiller à la sécurité de leur réseau pour garantir la satisfaction des utilisateurs et agir comme des citoyens internautes responsables.

« Pour ce qui est de gérer la sécurité du réseau dans une perspective à long terme, nous n'en sommes tout simplement pas encore là, constate Tariq. Nous savons depuis toujours que les réseaux des universités sont plus vulnérables que ceux de nos homologues du secteur privé. En général, nous ne contrôlons pas le nombre et le type d'appareils que nous autorisons sur ​​nos réseaux. Comment peut-on concilier sécurité et accès? Toute la question est là! »

Selon Dwight, la solution consiste d’abord à définir clairement la portée de la question, ce qui exige d'expliquer ce qui est en jeu à toutes les parties intéressées.

« Les cours en vidéo, transmis par nos réseaux, entrent en force dans les classes. Les gens profitent des ressources en ligne en temps réel. Les écoles de médecine travaillent avec des mannequins médicaux qui interagissent sur ​​nos réseaux, permettant un apprentissage avec rétroaction en temps réel. Quant aux étudiants qui habitent dans les résidences, ils s’attendent à un réseau aussi puissant que celui qu’ils avaient chez eux, explique Dwight. Ce ne sont pas des demandes extraordinaires, mais il faut intégrer le fait qu'il s'agit d'une industrie en constante évolution. Les progrès et les protocoles des réseaux changent rapidement et il est difficile de s’adapter, vu l'explosion de la demande. »

3. Analyse des données

Tariq et Dwight conviennent que renforcer notre maîtrise collective de l'analyse des données nous permettra de faire des choix plus judicieux – aussi bien en TI qu’à l’échelle générale des établissements.

« La rareté des étudiants va provoquer une concurrence de plus en plus féroce entre les établissements, prédit Dwight. Les écoles qui maîtrisent l'analyse des données – sur les inscriptions, la rétention, la recherche et la présentation de l'information – auront un avantage non négligeable par rapport aux autres. Les gouvernements veulent voir un accroissement de la responsabilisation et de la normalisation chez les universités, et ils veulent que tout le monde rende compte des progrès en utilisant la même information. »

« Le Canada est le seul pays industrialisé au monde où l'éducation n'est pas contrôlée à l'échelle nationale, constate Tariq. Aux États-Unis, les universités se sont réveillées beaucoup plus tôt que nous en raison du statut privé de certains établissements. Il n’en reste pas moins qu’au Canada, l'analyse prédictive est essentielle pour notre succès.

Nous sommes en retard, poursuit Tariq. Nos données sont décentralisées et nous utilisons tous des ensembles de données d’analyse différents. Actuellement, il n’existe aucun moyen de mettre en œuvre une stratégie de gestion de l'information pour une grande université. Nous sommes encombrés et alourdis par notre passé. »

4. Partage de services

Plusieurs établissements postsecondaires canadiens étudient la possibilité de se partager les services de TI. Ils y voient une solution possible aux difficultés qui accompagnent le regroupement des centres de données, la gestion de la capacité et de la sécurité du réseau et la collecte et la normalisation des données d’analyse.

« Les établissements sont très intéressés par le partage de services, mais par où commencer?, demande Dwight. La seule façon de faire agir ensemble les écoles est d’améliorer les normes, ce qui est actuellement impossible parce que toutes les organisations, n’ayant jamais eu à partager, ont des environnements particuliers. »

« En fin de compte, le modèle de TI traditionnel ne fonctionne plus, déplore Tariq. Le nouveau modèle doit permettre la collaboration des établissements postsecondaires entre eux sur le plan des services essentiels. Il faudra peut-être s’adresser à des organisations nationales pour négocier certaines de ces collaborations. Seuls, nous ne pourrons pas maintenir le système actuel; nous allons donc devoir le faire avec d'autres universités. »

5. Changer la proposition de valeur des TI

Au Canada, il est clair que le paysage des TI dans l’enseignement supérieur et le rôle du DPI en université sont en pleine métamorphose. Pour s'adapter, il va peut-être falloir repenser le rôle du DPI – c’est ce que Tariq appelle « changer la proposition de valeur » des TI.

« Je ne vois pas nécessairement les restrictions financières d’un mauvais œil, commente Tariq. Parfois, ça oblige à repenser les choses, ce qui est important. Quelqu’un de traditionnel dirait peut-être que nos difficultés actuelles sont insurmontables, mais le type de DPI dont nous avons actuellement besoin se demanderait comment il est possible de se transformer pour travailler dans le cadre de ces nouvelles réalités. »

« Cela veut-il dire qu’il faille restructurer fondamentalement nos offres et nos organisations pour pouvoir répondre aux exigences actuelles?, s’interroge Dwight. Nos équipes TI doivent désormais comprendre les affaires et la technologie, pas seulement l’une ou l'autre. »

« Le rôle du DPI n'est pas d’être le geek en chef – c’est d’être un stratège, ajoute Dwight. Mais ce n’est pas tout; il doit aussi savoir évoluer dans les structures de gouvernance de l’enseignement supérieur et les mener plus loin grâce à de nouveaux modèles d'affaires qu’il aura conçus. En général, un DPI qui ne pense qu’en bits et en octets ne voit pas le portrait d’ensemble! »

Dwight et Tariq ont tous les deux mis en évidence le fait que les DPI de demain devront aller « là où la rondelle ira » et non là où elle était. Si, par exemple, vous réfléchissez trop longuement aux risques de transférer votre système de messagerie dans le nuage, vous risquez de perdre du temps et de rester à la traîne.

Selon vous, quels sont les domaines les plus importants sur lesquels les DPI dans l’enseignement supérieur devront se concentrer au cours des cinq prochaines années? Faites valoir vos idées – et écoutez ce que vos homologues ont à dire – à la réunion des membres du 15 au 17 octobre, à l'Université du Manitoba.

Pour en savoir plus sur « là où la rondelle ira », consultez le blogue de Dwight : Transform IT.